Jifedie - Racines Culturelles Africaines

Votre panier


Votre panier est vide

   
Vous êtes ici: Accueil Info Culturelle Info culturelle: Nouveau logiciel de la pensée africaine ?
Decrease font size  Default font size  Increase font size 
Info culturelle: Nouveau logiciel de la pensée africaine ? PDF Imprimer Envoyer

Pourquoi est-il nécessaire de bâtir un nouveau logiciel de la pensée africaine ?

D’abord, parce que la culture africaine authentique a été spoliée par plus de six siècles d’esclavage autorisé par le Pape Nicholas V en 1454, de colonisation sous le label de « mission civilisatrice de l’Occident » qui était en fait une mission de génocide culturel et de néocolonialisme sous le couvert des accords dits de coopération, mais qui sont en réalité des accords d’assujettissement. Ensuite parce que les Africains doivent se développer. Or, nous définissons le développement comme étant « un état d’accroissement progressif et cumulatif du bien-être de la population », bien-être qui est la résultante des facteurs suivants : économie, éducation, santé, environnement, relations interpersonnelles, liberté, morale. Il va sans dire que le développement est fondamentalement un fait culturel, dans la mesure où nous définissons la culture comme étant « l’ensemble des éléments matériels et immatériels par lesquels les populations organisent leur espace de vie et le vivre-ensemble, prennent en charge les événements sociaux, expriment ou extériorisent leurs joies et leurs peines ». En effet, l’histoire ne signale aucun peuple qui a amélioré durablement son bien-être avec la culture d’un autre. Au contraire, les pays actuels dits émergents ont tous conquis la science et la technologie (qui sont culturellement neutres) tout en gardant pratiquement intact leur propre soubassement culturel (notamment la langue et la religion).
Le formatage culturel à l’occidental des Africains, dont les deux principaux facteurs opérationnels étaient l’école et la religion importée, débouche de nos jours dans les pays africains en général et au Cameroun en particulier sur cette récurrente et lancinante question : « On va faire comment ? ».


Cette question exprime au moins deux attitudes :

  1. On admet implicitement que la situation sociale actuelle n’est pas du tout satisfaisante ;
  2. On aimerait ardemment voir changer cette situation, mais on ne sait pas ce qu’il faut faire.

Dans cette disposition d’esprit et dans de telles circonstances, le sage dit que quand le présent est délétère et l’avenir incertain, ceux qui ont la chance de s’en sortir au mieux sont ceux qui savent au moins d’où ils viennent.

Comment bâtir ce logiciel ?

Il découle de ce qui précède que les Africains sont fortement interpellés à reconquérir leur culture authentique. En effet, il est quasiment impossible d’organiser un présent viable ni de préparer un avenir prometteur sans référence au passé.
C’est fort de cette universelle conviction que nous avons entrepris depuis près de vingt ans la recherche du passé culturel de l’Afrique, en nous focalisant particulièrement sur le Grassfield au Cameroun, notre espace socio-anthropologique. Ce passé est bien sûr expurgé des idées reçues, des préjugés et des stéréotypes introduits par ignorance ou en toute connaissance de cause, pour nous culpabiliser et nous amener à l’abandonner. Les premiers résultats de nos recherches sont actuellement consignés dans 21 ouvrages (dont trois traduits en Anglais) qui abordent pratiquement toutes les facettes de notre culture, à savoir :

  1. La religion africaine
    Chaque peupler africain a dans sa langue un nom qui désigne le Créateur de l’univers. Mais on va rarement au-delà de ce nom pour rechercher les mécanismes de liaison avec lui. Cette religion, que nous appelons vitalisme africain, a comme spécificité que le Créateur d’essence immatérielle est matérialisé par toutes ses créatures à qui il a donné toute sa puissance pour poursuivre son œuvre de création. C’est pourquoi la pratique de la foi revient à l’adoption d’un mode de vie conforme aux commandements et prescriptions dont Dieu a irradie ses créatures. En définitive, vivre sa foi c’est opter pour le bien comme objectif de vie, c’est avoir l’amour du prochain et des choses, c’est rechercher l’harmonie en toutes circonstances.
  2. Le modèle social communautaire
    Le modèle social africain accorde la primauté à la communauté, c’est-à-dire à l’intérêt générai. Mais en contrepartie, la communauté est dotée des mécanismes pour détecter et encourager les talents, célébrer et récompenser les succès, les réussites et les mérites individuels.
  3. La philosophie sociale
    Cette philosophie (le « Ha’a Fuck Ha’a Dzu » chez les Bamiléké) prône l’accumulation des ressources matérielles et des ressources humaines, celles-ci ayant la valeur suprême. Sur le plan humain, elle induit une grande progéniture et une famille élargie d’où découle de nombreux alliés familiaux, matrimoniaux et sociaux. Sur le plan matériel, elle induit différentes formes de mutualisation.
  4. L’organisation de la société
    La société africaine est en général fortement hiérarchisée, toujours par âge, parfois par les castes et souvent par la notabilité. Elle est aussi en général largement ouverte pour ceux qui ont les moyens de leurs ambitions sociales.
  5. Le système économique
    Le système économique africain, à l’instar du Wa’agape bamiléké, assimile le champ économique à un champ de bataille où tout le monde se mobilise sous différentes formes et où chacun doit déployer toutes les stratégies licites pour gagner. Mais une fois la victoire acquise, elle appartient à tout le monde, sauf les déserteurs (les paresseux). En effet, le partage ne fait pas dans la rue, mais pour l’essentiel à travers les multiples regroupements sociaux qui rythment la vie. Ce système économique fait une synthèse harmonieuse des éléments positifs du capitalisme et du socialisme. Il est en adéquation avec le modèle social et le vitalisme africain.
  6. La gestion du pouvoir
    Dans chaque royaume africain, notamment chez les Bamiléké, la gestion du pouvoir est en général décentralisée à trois niveaux : la cour royale pour les lois communautaires, le quartier (ou village) pour les affaires locales et la famille pour les affaires familiales. Les différents cercles de notables forment l’assemblée législative.
  7. Le système éducatif
    L’éducation précoloniale est d’ordre initiatique et se fait en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. Elle se fait en langue locale par les locaux et porte sur les objets du milieu, le comportement des aînés étant le contenu par excellence des enseignements. Il va sans dire qu’elle enracine parfaitement sans ouvrir sur le monde. L’éducation du futur, dont nous esquissons les contours, maintient l’avantage décisif de l’éducation précoloniale tout en supprimant ses inconvénients.
  8. Les autres événements sociaux
    Nous avons accordé une attention particulière à la naissance, à la mort, au veuvage, aux funérailles, à la succession, à la notabilité, à la famille, etc., en essayant de mettre en exergue leurs tenants et aboutissants.

Cette expérience, bien digérée, ouvre déjà de grandes perspectives d’action dans la mesure où les cultures africaines ont beaucoup de platebandes communes. Néanmoins, elle gagnerait à être renforcée par des expériences similaires dans plusieurs communautés, non seulement du Cameroun, mais d’autres pays africains. Les convergences novatrices permettront alors aux chercheurs et intellectuels soucieux du devenir de l’Afrique de dégager des paradigmes appropriés, de construire des théories et des cadres conceptuels pour un véritable développement, c’est-à-dire un bien-être général des populations. Ainsi, les enseignants et les pédagogues pourront disposer de la matière pour africaniser le contenu des programmes et coller les enseignements aux exigences du milieu.

Voici d’ores et déjà quelques principes généraux devant sous-tendre le nouvel logiciel :

  1. Dieu d’essence immatérielle, est matérialisé par toutes ses créatures, notamment les hommes qui pardonnent, bénissent et maudissent en son nom.
  2. Le salut est essentiellement collectif en Afrique.
  3. L’homme idéal du futur doit être parfaitement enraciné dans sa culture de base et largement ouvert sur le monde.
  4. L’éducation dans toutes ses facettes et articulations doit traduire le consensus minimum qui marque l’ambition pour le futur.
  5. La société doit se donner des mécanismes de progrès continu.

Professeur Tchegho Jean-Marie
Email: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Site: Visitez notre boutique sur www.jifedie.com
Tél.: (237) 699 52 42 23 / 679 05 48 96

 

Vient de paraitre

Nouveau logiciel de la pensée africaine ?

Nouveau logiciel de la pensée africaine ?
arrowLire la suite


Boutique

Vos Ouvrages

5.00 €


5.00 €


18.00 €


5.00 €


20.00 €


25.00 €


17.00 €


17.00 €


16.00 €


10.00 €


13.00 €


15.00 €


10.00 €


10.00 €


17.00 €


16.00 €


17.00 €


10.00 €


15.00 €


10.00 €


Visiteurs

621434